Al Berto

Al Berto poète

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Ce jour là je me promenais dans les allées du salon du livre, porte de Versailles jetant un œil à droite, à gauche, m’arrêtant quelques fois sur les stands. Éditions l'Escampette, une grande halte s'impose ici. Je parcours les  couvertures de livres du regard, je les touche du bout des doigts... « Salsugem » ce titre  est bien étrange...« Al Berto », je ne connais pas cet auteur à cet instant précis.. L'Hôte du stand me voyant feuilleté le livre , s'approche de moi, je lui dit « j'aime beaucoup la poésie, mais je ne connais pas Al Berto », il me répond avec le sourire« C'est un mélange des Doors et de Pessoa », avec un rictus en coin je lui répond « ça promet !!! »...j'ai emporté  ce marré salant avec moi, et depuis que j'y ai goûté, j'ai constaté, qu'aucune autre saveur ne ressemble à la poésie d'Al Berto

Salsugem Al Berto

très silencieux j'attends que se décide quelque subite et magnifique métamorphose les moustiques redoublent de férocité recherchent les veines où coule le printemps ligneux des chardons et le sang végétal de volatiles animaux exhale des arômes dans la poitrine respirent encore les immenses nuits les pays aux neiges surprenantes... cocons sûrs pour cacher le corps… des arbres aux nodules vivants éclatent sur la peau en constellations de sève incandescente ensuite je déroule les mots adolescents et je recule  jusqu'à atteindre la vision parfaite du début  ces gribouillis colorés issus du premier crayon  la graphie des eaux occultée par le corps-mère je reviens vers moi les doigts enflés par l'humidité presque solide de la maison le temps est un désastre dans la torpeur de son vol... il se déchire quand je pénètre le silence des demeures où j'ai vécu et les villes s'effondrent dans la folie… dans la mort qui a engourdi le regard lors du vieillissement des siècles je sais ce miroir m'incite à découvrir la mort le visage se fissure et des larves s'en échappent douces moisissures tourbillon d'air voix multiples... je sais ce miroir reflète le visage qui me trompe je passe la nuit dans les dents de la nuit je suppose qu'un de ces jours le matin se lèvera  j'invente un cœur ouvert à l'invasion des huîtres malades  je me prépare à produire la perle du sommeil éternel  tandis que le monde continue à sécréter des catastrophes j'entends la rumeur effrayée des fourmis incessantes elles ramassent et rangent la moindre chose… loin de ce rêve d'été

Visita-me Enquanto não Envelheço visita-me enquanto não envelheço  toma estas palavras cheias de medo e surpreende-me  com teu rosto de Modigliani suicidado  tenho uma varanda ampla cheia de malvas  e o marulhar das noites povoadas de peixes voadores  ver-me antes que a bruma contamine os alicerces  as pedras nacaradas deste vulcão a lava do desejo  subindo à boca sulfurosa dos espelhos  antes que desperte em mim o grito  dalguma terna Jeanne Hébuterne a paixão  derrama-se quando tua ausência se prende às veias  prontas a esvaziarem-se do rubro ouro  perco-te no sono das marítimas paisagens  estas feridas de barro e quartzo  os olhos escancarados para a infindável água  com teu sabor de açúcar queimado em redor da noite  sonhar perto do coração que não sabe como tocar-te  Al Berto Salsugem

 

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27 poèmes d’Al Berto sur 27 œuvres d’art.  De Giotto à Rui Chafes. Du XIIIe au XXe siècle. Une promenade dans le musée imaginaire d’un grand poète contemporain

« J’ouvre enfin les yeux,  je peins jusqu' à ce que le blanc iridescent de la toile se laisse inonder par le lumineux portrait de la solitude »

La Leçon de Giotto

Ils disent : avant lui la peinture se noyait Dans ce que certains avaient peint pour séduire Le regard des ignorants et non pour Le subtil plaisir de l’esprit Il possédait un rigoureux sens de l’espace et Du volume fut réformateur de la peinture florentine Réduisit tout à l’essentiel supprimant personnages Accessoires détails et par l’amplitude De la composition architectonique  il atteignit une grandeur  Jalousée et sans égal C’est encore lui Le premier à cloîtrer l’âme A l’intérieur de corps limités et solides Qui nous invite à la réflexion sur la nature humaine Et sur les choses diaphanes du cœur

a lição de giotto

dizem: antes dele a pintura afundava-se naquilo que alguns pintaram para seduzir o olhar dos ignorantes e não o subtil prazer do espírito

possuía um excepcional sentido do espaço e do volume foi reformador da pintura florentina reduziu tudo ao essencial suprimindo personagens acessórios detalhes e pela amplitude da composição arquitectural atingiu grandeza invejada e sem igual

Les fiancés volants de Chagall

Comme si j’écrivais un poème, je peins la femme Qui fait irruption du plumage bleuté du coq Par-dessus les ponts la nuit est tombée où flottent Le bouc et les fiancés j’ai lancé parterre des  barrières  Entre les éléments et les lois physiques Pour que mon pays devienne plus réel Plus proche de moi quand en exil je pose Les lèvres sur les couleurs de la noisette ou des noix et Garde leur saveur dans la bouche Je me rappelle ainsi la maison paternelle  à viebsk la neige De S. Petersbourg cet enfant au marché Attrapant des pièces jetées sur le tapis et de la chèvre triste En équilibre – dansant –au dessus du goulot de la bouteille Les joueurs d’accordéon et les violons sous la clarté de la lune Ces fiancés qui toute ma vie s’envolèrent heureux De peinture en peinture par les nocturnes ciels de Paris

os noivos voadores de chagall

como se escrevesse um poema pinto a mulher que irrompe da plumagem azulínea do galo por cima das pontes anoiteceu onde flutuam o bode e os noivos lancei por terra barreiras entre elementos e leis físicas para que o meu país se tornasse mais real mais próximo de mim quando no exílio pouso os lábios nas cores de avelã ou das nozes e fico com o sabor delas na boca

recordo assim a casa paterna em vitebsk os nevões de s. petersburgo aquela criança no mercado apanhando moedas atiradas ao tapete e a cabra triste em equilíbrio - bailando - em cima do gargalo da garrafa os músicos de acordeão e violino sob o clarão da lua estes noivos que toda a minha vida esvoaçaram felizes de pintura em pintura pelos nocturnos céus do país

Kandinsky caché derrière la toile

Bien avant avoir adopté des formes Rigoureusement géométrique (pour fuir l’anarchie) J’ai peint cet arc noir liant deux zones Du même paysage : pont noir Par où – toi qui me regardes – tu peux passer A la rencontre de la flamme intense des matins Et de l’autre coté de l’arc où le vent et l’arbre Se perdent dans l’euphorie de leurs propres couleurs- caché derrière la toile – je te vois Chaque fois plus près comme si tu avançais Par la désintégration de l’atome ou par l’éblouissement Des feux tu te rapprochais de moi : le regard enveloppé Dans le voile harmonieux de musique colorée

kadisnky escondido atrás da tela

muito antes de ter adoptado formas rigorosamente geométricas (para fugir à anarquia) pintei este arco vermelho ligando duas zonas da mesma paisagem: ponte escura por onde - tu que me olhas - podes passar ao encontro da intensa chama das manhãs

e do outro lado do arco onde o vento e a árvore se perdem na euforia de suas próprias cores- escondido atrás da tela - vejo-te

cada vez mais próximo como se avançasses pela desintegração do átomo ou pelo deslumbramento dos lumes te acercasses de mim: o olhar envolto na teia harmoniosa de colorida música

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